23.06.2008
Le Commandement de la Machine (5)
Le Commandement de la Machine (1)
Le Commandement de la Machine (2)
Le Commandement de la Machine (3)
Le Commandement de la Machine (4)
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Reste encore ce paragraphe, non numéroté, dont je ne sais plus du tout s’il est ou non une citation :
Au plan supérieur où Verbe et Loi sont un, où Logos est Nomos, on peut dire de la Machine, enfer de constructions et destructions incessantes, qu’elle est indifféremment une écologie et une économie. Mais, suspendant au fait l’impossible application de la Loi, la Machine est aussi bien alogique et anomique. De sorte qu’il est de toute façon déjà trop tard. – La succession des promesses n’ajourne que le report à l’inconnu, demain.
Fin.
23:20 Publié dans Tout faut | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, machine, dieu, critique, guerre
18.06.2008
Le Commandement de la Machine (4)
Le Commandement de la Machine (1)
Le Commandement de la Machine (2)
Le Commandement de la Machine (3)
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Quatrième série de coupes :
21. Contrairement aux apparences que son intérêt lui dicte de manifester, la Machine est horizontalité pure. – Connectant ensemble selon ses propres lois silencieuses la totalité des produits qu’elle émet sur un marché qui n’est, donc, que la plus évidente de ses manifestations, se développant sans cesse vers l’intérieur comme vers l’extérieur, et par aussi la simple absorption de tout ce qui n’est pas directement son fait, la Machine respire, vit et, dans une certaine mesure partiellement comparable à celle de l’homme : qualitativement égale ou inférieure, à tous point de vue supérieure quantitativement, – pense. Sa pensée n’est pas distincte, en rien, de son action, car elle est matière pure. Et si l’entropie, nécessairement, la travaille du dedans, il faut bien admettre que ce qui doit mourir quelque jour et dispenser ainsi vers le futur une grande quantité d’énergie, occupe manifestement tout le champ du visible, tout le champ de l’irreprésentable. De sorte qu’il est évident que les petits hommes qui, de l’intérieur même de cet agencement de machines que leur esprit ne conçoit que très fragmentairement et ne peut plus du tout se représenter, croient devoir et pouvoir lutter contre l’expansion de la Machine, ne veulent en réalité rien d’autre que leur propre disparition accélérée et partant, avec celle aussi de la Machine, celle donc de toute vie humaine – du moins sous l’actuelle forme qu’ils se figurent qu’elle doit prendre toujours. Ils travaillent néanmoins non pas pour, mais dans la machine ; ils ne savent pas ce qu’ils font. Et, sur le corps plein de la terre, la Machine écrit elle-même en lettres capitales et baignée du sang noir de l’animal humain : In God we trust.
1054. Il n’y a sans doute pas de Machine. Quant aux personnages, s’ils sont, ils sont les Interfaces du Néant ; donc ne sont pas.
1202. Les hyperassassins du nouvel Alamuth ne sont pas, comme jadis, cachés dans une inexpugnable forteresse, non, ils sont des anonymes disséminés sur tout le territoire qu’ils ont à charge de détruire, et pour être clair, ils vivent, naissent et meurent dans nos cités indéfendables, et conséquemment déjà prises. Ce qui est sûr, c’est que ceux qui ne veulent pas se battre, préférant encore lutter pour d’ineptes droits à la retraite ou à se faire enculer – d’ailleurs bien plus symboliques qu’ils ne l’imaginent –, droits aussi qui non moins ineptement leur ont déjà été donnés, ceux dis-je qui ne veulent pas se battre ne seront bien évidemment d’aucun secours, mais pas seulement. Ils sont aussi les complices réels, confits d’une caracolante et macabre innocence, laissant bavasser leur saloperie intégrale de bonne mauvaise conscience de privilégiés voulant l’être encore davantage ; ils sont les complices réels de ceux qui ont décidé leur extermination pure et simple. En ce sens, les gouvernants cacochymes qu’ils élisent à grands renforts de petites contradictions apparentes, sont simplement mandatés pour maintenir l’archicriminelle illusion de la paix. Tels sont nos suicidaires, aptes seulement à lutter, mais sans conscience aucune de le faire, à la destruction totale d’une civilisation qu’ils haïssent aveuglément.
(A suivre...)
10:05 Publié dans Tout faut | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, machine, dieu, critique, guerre
17.06.2008
Nouveaux territoires de l'amour (un peu de narcissisme à la faveur des émeutes de Vitry-le-François)
Ce titre demande une explication.
Je travaille partiellement, depuis quelques années, à Vitry-le-François.
Le directeur de la scène conventionnée de Vitry, flanqué d’un metteur en scène associé, m’a passé commande, aux environs de Noël 2005, peu de temps donc après les émeutes de novembre, d’une pièce sur « les banlieues ».
– Vous êtes sûrs que vous voulez me demander ça, à moi ? ai-je dit.
– Mais oui, mais oui… fit le premier.
– Mais oui, mais oui… fit le second.
J’acceptai, pensez donc.
Il était surtout question de parler du vivre-ensemble, ou vivrensemble, dans une barre d’immeuble qu’on va raser sous prétexte de rénover le quartier (les salauds).
Quatre comédiens. Un homme (blanc), trois femmes (une blanche, une « black », une « beur »). – Pas de ballon de foot ? Pas de ballon de foot.
J’ai dit que j’écrirai une farce.
Au sens aristophanien.
Autant que faire se peut.
Son titre fut :
Territoires de la merde.
Mon meilleur titre.
Mon synopsis évoquait aussi une émission de télé, sorte de Thalassa des banlieues, cyniquement intitulée : « Territoires de l’amour ».
Mes commanditaires me pressèrent de changer le premier titre (impubliable) pour le second (putassier et cynique). Ce que j’acceptai, avec ma coutumière lâcheté.
Non sans avoir préalablement argumenté :
– Mais merde, quand vous voyez ces émeutes, vous vous dites, comme tout le monde : « Putain, c’est la merde… » et non pas « chouette, c’est l’amour ! ».
Il apparut que j’étais cynique.
Toujours le même déni de réalité.
Mais c’est l’incitation au rêve, à l’émotion, à l’utopie, que j’ai moi toujours trouvée cynique.






