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littérature - Page 4

  • Le poète, son cendar et ta gueule

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    … allez, à V. B.

     

     

    La poésie politique, voilà notre mystique, ou ce qui nous en tient lieu, mon cher vieux maître !

    Et le restant... ces miettes de moi merdique éparpillées sur la page...

    Ah oui, dirait-on pas plutôt qu'on nous a soufflé un cendrier au travers de la gueule !

    Alors, pardon, pardon, sans condamner personne, bien sûr... Oulala, jamais condamner personne, ça ne se fait plus !... mais putain de bordel, c'est une perversion bizarre, quand même, d'aimer se faire souffler des cendriers dans la gueule !

    Et du coup, c'est presque rassurant que la poésie du moi-moi façon bruine-de-merde-dans-ta-face ait si peu de lecteurs !

    Elle en a même bien trop, du coup...

    Par poète, ne soyons pas bégueule, j’entends tout ce qui prétend faire littérature ou, en tout cas, bouquin édité chez un éditeur un peu connu sur la place de Paris, ce mouroir, pas seulement les auto-relégués de la miniature préciosicule ! Le romanceur à la chaîne en première ligne !

    Mais enfin, ce gang de moucheteurs de bran se fait surtout public à lui-même, chaque membre actif devenant passif, grimaçant, inspiré, lorsqu’il s’enquille la déjection du voisin... Or, en réalité je vous le dis, foi de fumeur invétéré, remplir un cendrier est à la portée du premier cloporte venu et seul le fait d'en souffler le contenu à la face d'un voisin, même consentant, est un franchissement audacieux de la décence la plus élémentaire... Tout le monde chie, bordel, mais qui bazarde ses excréments à la face de son prochain ? On me dira que ce voisin est d'accord... Il est d'accord, il est d'accord, je veux bien, mais qu'est-ce que ça peut foutre ?... Homère se grattait-il les couilles ? Peut-être oui, peut-être non, mais de toute façon on s'en fout, voilà, et lui-même n’a pas jugé nécessaire de nous le faire savoir (mais les groupies, bordel, les groupies ?).

    Il y a quand même des choses autrement plus graves et inspirantes, non ? Ces gens dont je vous cause, pourraient être, et ils le sont peut-être, les contemporains des événements les plus formidables, les plus calamiteux et apocalyptiques de toute l'histoire humaine qu'ils continueraient de se badigeonner de leur propre merde, avec force tripes contemplatives et autres chagrins d'amour mal formulés, et le tout en prenant des pauses devant un guignol aussi peinturluré qu'eux qui leur servirait de miroir...

    Mais je vais vous dire, à la fin : Ces discutailleurs de sexe des anges avec vie-intérieure-intense de série et rébellion-conformiste en option, ou l'inverse c'est pareil, on égorgerait des gosses au coin de leur rue qu'ils se demanderaient encore s'il faut revenir à la ligne entre brise et marine ou tout laisser dans le même pseudo-vers à la con... branlotins d’Île de Ré ! socialistes ! cocus !

    Et nous voilà revenu à ce que je disais au début. L’air de rien. En creux.

    Et en même temps, en même temps, Seigneur que n'est-on pas tout un ! l'on s'en viendrait me dire qu'il y a, dans cette attention à soi-même et à ce qui nous environne, selon le mot hideux en vogue, un certain carat de délicatesse et même, allez ! de civilisation, que je serais bien forcé, malgré la meilleure mauvaise foi du monde, de ne pas en disconvenir tout à fait !

    Mais quand même, merde, quand ce n'est pas le moment, eh bien, ce n'est pas le moment ! Et ce n'est pas au moment qu'on vous attaque à la machette qu'il faut vernir sa moustache ou se remaquiller dans son miroir de poche !

    Et voilà mon cendar bien rempli : Amenez vos faces !

    15 mars 2016

  • Valls, Ayrault, Cazeneuve contre l'ennemi

     

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    – La question est de savoir où est l’ennemi.

    – Il est dehors, et je l’ai chassé, dit Danton.

    – Il est dedans, et je le surveille, dit Robespierre.

    – Et je le chasserai encore, reprit Danton.

    – On ne chasse pas l’ennemi du dedans.

    – Qu’est-ce donc qu’on fait ?

    – On l’extermine.

    – J’y consens, dit à son tour Danton.

    Et il reprit :

    – Je vous dis qu’il est dehors, Robespierre.

    – Danton, je vous dis qu’il est dedans.

    – Robespierre, il est à la frontière.

    – Danton, il est en Vendée.

    – Calmez-vous, dit une troisième voix, il est partout ; et vous êtes perdus.

    C’était Marat qui parlait.

     

    Victor Hugo, Quatrevingt-treize

  • Sentences IV

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    Diplomatie

    – Ce qui est important ne se négocie pas.

    – Qu’est-ce qui est important ?

    – Discutons-en.

     

    Permanence

    Tant que des gens auront souffert pour moi, j’irai bien.

     

    Printemps

    A mon avis, aucun calamiteux journal ne publiera que les oiseaux ont recommencé de chanter dans l'orme de la cour voisine, que la brise un poil fraîche fait doucement remuer le voilage de la fenêtre entrouverte et que, le dos chauffé par un rai de lumière, le visage au-dessus de ce premier café fumant, c'est en allumant une cigarette que je m'accommode de cette tragédie en cours, dont on veut à toute force m'apprendre incessamment l'existence, et à laquelle, au fond, je ne croirai pas, quoi qu'il me soit loisible de donner le change sans effort, tant que les caniveaux de ma rue ne seront pas gorgés de sang humain – ce qui ne saurait donc tarder.

     

     

     

  • Sentences III

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    Infraction

    La boue, la boue dans laquelle je suis né, dans laquelle j'ai grandi et puis vécu adulte, oui, cette boue, si ignoble soit-elle, dont intimement je me sens constitué depuis des générations, combien elle me paraît aujourd'hui moins sale que cette ville mortifère dont le crime et la vanité ont fait une capitale historique, une ville du passé, seulement du passé !

     

    Désarroi
     
    Et moi, monsieur le président, qui suis un lave-vaisselle déjà vieux de quatre ans, nom d'une couille en bois, j'aurais tellement aimé être un four micro-ondes dernière génération et mourir en réchauffant un cassoulet industriel au canard dont les cuisses rabougries sont faites de viande de porc reconstituée en Chine ou en Allemagne, enfin un de ces pays qui a jeté le rien d'honneur qui lui restait contre un bonne grosse carotte à s'enfoncer soi-même dans le cul, alors ta gueule, ta gueule, ta gueule, monsieur le président sous vide, mort aux cons et vive le Qatar libre !
     
     
     
    Poisson
     
    Que mon échec avéré serve au moins à ceci : que je revienne un jour futur, et partant : hypothétique, sur ce qui m'a fait, ne pouvant ignorer ces effluves nous environnant, rêver absolument de prendre la tête de cette pseudo-culture qui déjà, oui, je me répète, puait si fort.
     
     
     
     
  • Sentences II

     

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    Clic

    Vous nous faites chier avec vos religions, les mecs, vos croyances immondes (vos dieux hyper-ringards sortis de bouquins arriérés, nuls, vasouillards)... car ce putain de monde ne tient que tant qu'on a l'électricité, et imagine un peu, mec, toi qui crois que la religion est ce qui relie entre eux les humains, combien on l'aurait dans le fion si tout à coup demain toute l'électricité s'arrêtait... plus rien du tout ne marcherait... tu le vois, le chaos ? le putain de chaos ? pas le retour décroissant au rural ou ce genre de foutaises à gogos, non, en deux jours le retour au bestial, au limpide carnage : no transport no argent no bouffe et no lumière no média no ascenseur et no bankage, ça va buter dans les chaumières; en bref no lien between les mecs sans cette pute élec, et juste le carnage pour dernier paysage.

     

    Horizon

    Je vais partir d'ici, vous savez; je vais partir et vous abandonner ici; et quand je reviendrai, car je reviendrai, vous ne serez plus là ; quand je dis que je vais partir, vous vous dites peut-être que je vais partir de longues années, et que quand je reviendrai, car je reviendrai, vous serez mort, car vous serez mort ; vous ne vous trompez que sur la durée: je ne vais pas partir des années, je vais partir quelques minutes, pas plus de deux, peut-être même moins d'une.

     

    Bonheur

    Comment je me sens ?... eh bien, je me sens comme derrière la vitre le vieux chien au soleil, couché sur le tapis, qui sent ses flancs doucement s'engourdir, et qui se dit : on est bien, là, on est bien ; et ne se lèvera plus.