05.11.2009
Je suis un phantasme
Formation :
– Ne mens que lorsque c’est inutile.
– Expliquez-moi.
– Non.
Il a mis très longtemps à comprendre.
Et d’abord il a compris des choses fausses.
Et ce qu’il a aujourd’hui compris ne l’est sans doute pas moins.
Il a maintenant un éventail de réponses.
Un ami :
– Tu sais ce que c’est, ton problème ?
– Non. Mais je sens que tu vas m’éclairer.
– C’est que tu es beaucoup trop intelligent.
– Ça, ce serait plutôt ton problème avec moi, non ?
– Connard.
Il n’aime pas le pouvoir ; et son intelligence doit demeurer inemployée.
Personne ne triche autant que celui qui croit pouvoir, de ce qu’il pense de lui et de ce qu’on dit de lui, se connaître ; et devient ainsi à lui-même son phantasme, finissant même par imaginer ce qu’on eût dit, en son absence, de lui. Combien de romans ?
En son absence, donc :
– C’est un garçon auquel il n’est pas difficile de comprendre l’adversaire.
Le nombre de nos motivations est extrêmement limité.
– Demandez-lui d’écrire des rapports, alors.
– Nous l’avons fait. Ils sont très simples. Mais nous les lisons mal.
– Et dans l’action ?
– Ou il désarme l’adversaire comme on retire à un enfant son jouet ; ou il prend toute la charge pleine gueule.
– Et dans le second cas ?
– Eh bien, il s’en fout.
– Il s’en fout vraiment, ou bien est-ce affecté ?
– Je ne sais pas.
– De toute façon, ça revient au même.
– Oui.
– Bloquez-le dans des tâches subalternes. Humiliez-le doucement.
Ceci est un autoportrait triché.
Par exemple, il ne contient pas de dialogue avec des femmes.
J’ai déjà donné.
00:51 Publié dans Scènes | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, dialogues, femmes, mort, roman, théâtre, magritte, pascal adam est un con




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Commentaires
"Phantasme", ça n'a pas tout à phait le même sens que "fantasme" hein? c'est pas une phaute de votre part? c'est qu'il nous phaut savoir, phigurez-vous.
Ecrit par : Sophie | 05.11.2009
Sofie !!!
Ecrit par : Pascal Adam | 06.11.2009
Les commentaires sont phermés.
Ecrit par : Showrégrâphe | 06.11.2009
De l'intérieur, apparemment.
Ecrit par : Pascal Adam | 06.11.2009
Le phantasme ici est un peu kafkaïen!
Vous êtes bien "un phantasme", je suis une fantaisie;-)
Il(s) est (sont) où le(s) dialogues avec les femmes que je m'amuse un peu? Je vous écrabouillerai après lecture, tsss.
Ecrit par : Ambre | 06.11.2009
@ Ambre : Une phantaisie...
Ecrit par : solko | 06.11.2009
@ Ambre : Vous savez, Ambre, écrire un dialogue un peu tenu entre un homme et une femme est un vrai gros travail littéraire, je crois ; et je n'ai pas tellement de temps à perdre.
Mais vous trouverez bien de quoi m'écrabouiller dans ce blog.
Ecrit par : Pascal Adam | 07.11.2009
Brouille.
"N. tente de me convaincre de l’onctuosité, comme il dit, des femmes. De la générosité des femmes. De leur féminité féminine et féminale, laquelle, à son heure – le piège une fois refermé, selon moi –, doit devenir maternité matricielle enveloppante."
Là, pour le coup, c'est N. que j'ai envie d'écrabouiller, sans onctuosité. (Rires).
Ecrit par : Ambre | 07.11.2009
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