13.10.2009
Les charmes du roman
Si le roman domine, en quantité, la production industrielle de chose littéraire, c’est avant tout parce qu’il est la seule forme, le seul genre, qui supporte le mieux d’être lu n’importe comment ; il est aujourd’hui écrit, de façon presque exclusive, pour être lu par des gens qui ne savent pas lire du tout, et qu’on encourage vivement à persévérer dans la médiocrité, à l’approfondir en quelque sorte. Bref, le roman, au sens où il y a rentrée littéraire, est fabriqué par des gens qui, plus ou moins consciemment, et avec une honnêteté intellectuelle inverse à leur niveau de conscience, écrivent mal, et consommé par des gens qui, à n’en pas douter, lisent encore plus mal (cette logique admet en effet, presque en creux, que les lecteurs qui lisent mieux que les écrivains n’écrivent abandonnent vite ce passe-temps idiot en quoi consiste, donc, de lire la production romanesque actuelle) ; il y a là une manière d’harmonie appelant à la surenchère propre à notre époque, et cela est tout à fait charmant.
21:43 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, critique, rentrée littéraire 2009, beigbeder, nothomb, pierre assouline, didier jacob, néant, nihilisme




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Commentaires
Ah ah! J'adore! Encore, encore!
Ecrit par : tanguy | 13.10.2009
J'espère au moins que vous ne prenez pas le risque de vous compromettre en envoyant vos manuscrits à des éditeurs?
Ecrit par : christian | 14.10.2009
Et moi j'apprécie tout particulièrement vos tags qui ne charment pas notre époque.
Ecrit par : Zabou | 14.10.2009
J'aurai voulu écrire ce billet. J'adhère totalement.
Ecrit par : Ambre | 15.10.2009
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