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oilivier sedeyn

  • Deux ans

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    Cette idiotie de blog a maintenant deux ans.

     

    (La première année, ce blog m’a permis de ne pas écrire ; la seconde, il m’en a partiellement empêché.)

     

     

    1906

     

    Une phrase

     

    Lorsque je l’ai lue

    Cette phrase m’a immédiatement stupéfié

    Elle m’a arrêté

    Et laissé devant elle idiot, taclé

     

    Savez-vous ce qu’a dit le Christ

    Qui n’a pas fait le déplacement pour rien

    (Comme à propos d’autres tacles disait Thierry Roland)

    Savez-vous, disais-je, ce qu’a dit le Christ en 1906

    Lorsqu’Il est apparu à celui qui sera saint Silouane l’Athonite

    Eh bien Il a dit cela

    Dont on ne fait pas le tour immédiatement

    Et dont d’ailleurs on ne fait pas le tour ensuite non plus

    Du moins me semble-t-il

    Il a dit, le Christ, donc

     

    Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas.

     

     

     

    La question politique par excellence

     

    La plus grande part de ce que nous lisons, dans la forme exacte que les auteurs lui ont donnée, est, en tant que telle, presque irrémédiablement perdue, oubliée dès que lue. Et cela même dont nous pensons nous souvenir avec exactitude est le jouet des caprices de notre mémoire ; au point que le peu de phrases que nous pensons connaître exactement fait fréquemment l’objet de déformations continuelles, dont on ne prend conscience qu’au moment de revenir au livre en question ; quelle déception parfois ! Point trop gênés, nous avons encore tendance à préférer nos involontaires corrections, qui nous semblent correspondre mieux à notre prétendue pensée, à tel point que nous finirions par reprocher à tel auteur de n’être point aussi brillant que nous-mêmes.

    Ici, plutôt que de vous faire accéder aux déformations aberrantes qu’a conçues tout au long de cette année ma cervelle imbécile et chétive, je préfère revenir à l’original : 

     

    Les œuvres des grands écrivains du passé sont très belles, même de l’extérieur. Et pourtant leur beauté visible est d’une laideur consommée comparée à la beauté de leurs trésors cachés qui ne se dévoilent qu’après un travail très long, jamais facile, mais toujours agréable. Ce travail toujours difficile, mais toujours agréable est, je pense, ce qu’avaient à l’esprit les philosophes lorsqu’ils soulignaient l’importance qu’ils accordaient à l’éducation. Ils sentaient que l’éducation est la seule réponse à la question éternellement pressante, à la question politique par excellence, celle de savoir comment concilier un ordre qui ne soit pas une oppression avec une liberté qui ne soit pas licence.

    Leo Strauss, dernières phrases de « La persécution et l’art d’écrire » dans La persécution et l’art d’écrire (traduction d’Olivier Sedeyn).

     

     

    Message personnel

     

    Une autre phrase, dont je ne me souviens pas du tout de qui elle peut bien être, à tel point qu’il m’arrive sans trop de honte de me l’attribuer, et dont je ne certifierais pas même l’exactitude de l’approximatif alexandrin qu’elle délivre en passant :

     

    Corneille à son sommet passe Shakespeare au sien.

     

     

     

     

     

     

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