04/03/2010
56. Vieux homme
Il dit : – A un moment, c’est douloureux parce que vous n’avez plus rien à lui dire, ni elle à vous, et que ça vous pèse, avec la sensation du gâchis alors que c’est seulement que la passion, cette chose ridicule, peut-être inévitable, mais qui m’a l’air forcée quand même aujourd’hui, on ne s’en souvient plus assez pour s’y faire encore croire et tout le semblant qui suit ; et puis, eh bien, un moment après, quand cette bascule-là elle a passé vraiment, je veux dire si vous êtes capable de renoncer même à la frustration, vous commencez à trouver que c’est reposant, d’être là, et qu’elle soit là, avec ce silence entre vous de ceux qui n’ont rien à se prouver – en tout cas à l’autre. Oh, ça n’empêche pas de s’engueuler, heureusement. Pour savoir qui descend les poubelles, ou autre chose, par exemple. On reste des humains quand même. A un moment, on se disputait même à savoir qui resterait en dernier. Et puis voilà, hein.
22:04 Publié dans Choses vues, ouïes, dites | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, nouvelle, saynète, théâtre, amour, couple, mort, vieux, passion



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Commentaires
Magnifique, ce hein.
Écrit par : solko | 05/03/2010
Magnifique, oui. Émotion.
Écrit par : Michèle | 08/03/2010
J'en apprécie le titre aussi, Vieux homme.
Écrit par : Michèle | 08/03/2010
Terrifiant parce que simple...
Écrit par : nauher | 08/03/2010
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