10/11/2008
Eloge du suicide
Un gentil responsable d’une quelconque institution culturelle de province m’avertit gentiment :
– Tu t’éloignes des normes tacites en vigueur dans le milieu, tu sais. Je suis tombé par hasard sur ton blog – un titre en latin, c’est idiot, d’ailleurs –, eh bien, ton blog, c’est au moins symboliquement une sorte de suicide, non ?
– Tout à fait. Quand un mort se suicide, j’imagine qu’il devient vivant.
– Tu veux dire que nous sommes morts, c’est ça ?
– Oui. Oh, symboliquement, comme tu disais. Et même pourris ; et même décomposés. Ni plus ni moins que tout le reste, d’ailleurs. Ou juste un poil plus.
– Et toi, bien sûr, tu es le seul vivant sur ce tas de cadavres.
– Ah non, mon cher, je n’ai jamais dit ça.
– Ne t’inquiète pas, je ne dirai rien. Pour l’instant.
Il rit.
Il rit de quoi ? De sa menace, peut-être…
21:00 Publié dans Choses vues, ouïes, dites | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, théâtre, culture, suicide, politique



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