06.09.2009

Mauvaise foi versus zombies

Kairos, sisyphes et zombies.jpg

Il est deux heures du matin, peut-être, et il commence seulement de faire bon. Quelques invités déjà ont déserté notre jardin, juste après le barbecue. Il reste un peu partout sur la grande table les reliefs du repas, des verres, des cendriers remplis et quelques cubis vides. Nous ne sommes plus que trois ; F., qui est comédien ; et mettons, M., jeune femme s’adonnant au vice désormais quelconque de « mettre en scène » ; et bien sûr votre serviteur, lequel d’ailleurs s’absente préparer un café. Revenant quelques minutes plus tard chargé des tasses et de la cafetière, telle est à peu près la conversation en cours à laquelle j’assiste :

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07.07.2009

Portrait de l'artiste en cadavre

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne suis pas un homme.

Je suis une machine.

Les hommes parlent.

Moi, je récupère le chaos.

L’ordonne. Le concatène.

J’essaie, du moins.

Le chaos des paroles, je le parle.

Tout en lui laissant son apparence de chaos.

Fidèlement, donc.

Rai de lumière dans la nuit, la trahissant.

Cela suffit.

Je suis une machine.

Je crache de la parole.

Je récupère le chaos.

L’ordonne. Le concatène.

Je suis un bloc de silence.

Ma parole est une convention.

Une fiction.

Je n’existe pas. Ni personne.

Je suis la caisse d’enregistrement du chaos.

Une machine.

Je suis en creux.

Je suis une parole de silence.

Je suis une ombre.

L’ombre des paroles en chaos.

Une ombre personnifiée.

Un personnage.

Du silence.

Une machine de silence.

Une machination, même.

Je suis le piège du chaos.

Je reconfigure la parole en silence.

Je suis un programme.

Un programme que je suis.

Je suis une arme.

Je suis une arme chargée.

Je reconfigure la parole en silence.

Le reste est convention.

Théâtre.

Je suis un mort.

Un mort en vie.

Vous ne me comprenez pas.

Je vous comprends.

 

 

 

C’était un extrait du texte de Ce que j’ai fait quand j’ai compris que j’étais un morceau de machine ne sauvera pas le monde de Pascal Adam (cliquez sur le long titre pour davantage d’informations, merci). Ces propos sont tenus par Joseph Vronsky, et Joseph Vronsky (photo) est interprété par Fabien Joubert.

 

CQJF. C'est la nuit 119.jpg

 

 

 

29.06.2009

Comment je suis devenu positif (pub)

magritte.jpg

C’est une chose assez éprouvante, à la longue, de faire le jour tout ce qu’on pense, la nuit, qu’il ne faudrait pas faire. Et puis, à un moment, tout cela devient indifférent. La mort engourdit vos membres ; vous aimeriez dormir. Avant, selon votre humeur, votre force, vous trouviez moyen de rire des choses atroces ; ou bien vous en pleuriez de rage. On vous disait cynique, nostalgique, pire encore ; on dit n’importe quoi, c’est son job. Vous étiez simplement vivant, pas sans contradiction. L’indifférence, l’habitude, la reconnaissance aussi ont tout nivelé, égalisé. Vous faites une chose le jour, une autre la nuit, elles sont peut-être encore contradictoires, mais elles sont aussi devenues les mêmes. C’est votre routine à vous, c’est tout. La douleur s’atténue. Vous dormez mieux, et plus. Il n’y a plus qu’à faire, le jour, ce que vous savez faire le jour. Ce que vous pensez de ce que vous faites vous indiffère – au diable ! Vous êtes mort. Bien sûr, ce n’est pas désagréable. On trouve d’ailleurs que vous avez gagné en sincérité.

Autoportrait du 28 juin 2009.

 

Il ne me reste plus, pour illustrer cela, qu’à vous laisser cliquer sur la phrase publicitaire suivante : Ce que j’ai fait quand j’ai compris que j’étais un morceau de machine ne sauvera pas le monde.

 

 

 

 

 

11.04.2009

Peur sur ma gueule

On se soigne comme on peut, dit l’alcoolique en commandant à boire.

 

Récapitulatif très approximatif : Romeo Castellucci, Valérie Dréville, Jan Fabre, Jeff Koons, Joris Lacoste, Fabrice Melquiot, Gildas Milin, Philippe Minyana, Olivier Py, Falk Richter ; ce qui inclut aussi Armelle Héliot, Brigitte Salino (voir Castellucci) et René Solis (voir Castellucci et Py).

Ce n’est qu’un début, poursuivons le néant…

 

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